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De la colère à l’acceptation : ce que ce drame a changé en moi

  • Photo du rédacteur: Laëtitia Michalopoulos
    Laëtitia Michalopoulos
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Coucou belle âme ☺️❤️


Aujourd’hui, je voudrais partager une partie importante de ma vie. Une expérience personnelle qui m’a profondément marquée et touchée : la perte de mon conjoint et père de ma fille.


Notre relation n’a pas du tout été évidente. Deux egos blessés qui se trouvent et s’écorchent un peu plus chaque jour. Notre amour était intense, mais loin d’être épanouissant. Ce détail a son importance pour la suite.


Puis, un jour de 2002, Monsieur se plaint de douleurs au niveau des poumons. Après deux passages aux urgences, il s’avère qu’il a fait une embolie pulmonaire. À ce moment-là, je ne le savais pas encore, mais c’était le premier signe d’un cancer.


Il se retrouve alors avec des piqûres quotidiennes pour fluidifier le sang et résorber le caillot.


Puis viennent d’autres rendez-vous qui révèlent son cancer. À première vue, les médecins pensent à un cancer des testicules : des cellules cancéreuses ont été détectées, et il n’a alors que 26 ans.


S’ensuivent plusieurs mois de chimiothérapie, jusqu’au jour où il passe un bilan. En rentrant de son rendez-vous, il m’annonce qu’il est en rémission… mais la nouvelle n’a pas l’air de le réjouir.


Quelques mois plus tard, notre relation finit par céder et, après une énième péripétie, je décide d’y mettre un terme.


Deux semaines plus tard, il est de retour à l’hôpital. Son état s’est aggravé 🥺 Son frère passe chez moi pour m’avertir et je décide alors, contre l’avis des personnes qui m’entourent, d’aller le voir. C’est le père de ma fille et, malgré nos blessures, je ne peux pas l’abandonner.


On me dit alors qu’il pense être dans cet état à cause d’une dépression. J’essaie d’obtenir plus d’informations auprès du personnel soignant, mais la seule chose qu’on me répond, c’est qu’ils sont là pour le soigner.


En repartant, il me demande un baiser sur la bouche. Je refuse, mais je l’embrasse tendrement sur la joue. Je lui dis que nous reparlerons de notre situation lorsqu’il ira mieux.


Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c’est que c’était la dernière fois que je le verrais vivant 😢


Dès le lendemain, il se retrouve en réanimation, intubé. À ce moment-là, on ne me dit toujours pas clairement ce qu’il se passe. Je suppose donc qu’il est dans le coma… ce qui n’était absolument pas le cas.


J’apprendrai le lendemain qu’il était déjà en mort cérébrale, via un “super” message vocal laissé par la marraine de ma fille, que j’écoute en sortant du travail.


Le message disait : “Tu es complètement folle, Séb n’est pas dans le coma… Il est en mort cérébrale !”

Quel choc 😱


Apprendre une nouvelle aussi violente de cette manière a été extrêmement difficile à encaisser.


Après cette annonce, je me suis littéralement effondrée.


Mon premier réflexe a été d’aller acheter un collier avec un cœur que l’on partage en deux. Comme un besoin viscéral de garder un lien avec lui, malgré tout 🥺❤️


Le lendemain, je suis pourtant allée travailler.


Je travaillais en restauration à l’époque. J’allais très mal, je pleurais sans cesse et j’avais terriblement froid. Comme si cela ne suffisait pas, mon corps a décidé de m’offrir une gastro 😅 Oui, chez moi, c’est rarement dans la demi-mesure 😅


Quelques jours plus tard, son cœur lâche.


Nous sommes en 2003, j’ai alors 23 ans. Ma fille a 2 ans. Et je viens de perdre le père de ma fille, âgé de seulement 27 ans.


Cette période m’a aussi confrontée à un profond manque d’humanité.

Entre les remarques déplacées, l’incompréhension et même une collègue qui m’a accusée d’avoir menti sur son décès avant de m’hurler dessus, j’ai découvert que certaines personnes savent malheureusement ajouter de la violence là où il y a déjà une douleur immense.


Avec le recul, je crois que ce fut une autre forme de choc.


Au milieu de tout ça, il fallait aussi continuer à être maman alors que j’étais moi-même en morceaux. Et je dois l'avouer, cela a été terriblement difficile 🥺


Plus tard, après une visite chez notre médecin généraliste, j’apprends que Séb n’a jamais eu de cancer des testicules. Lorsque les examens ont été réalisés, le cancer était déjà généralisé et les médecins n’ont jamais réussi à en identifier l’origine.


Pendant de nombreuses années, j’ai porté le poids de la colère, du sentiment d’injustice et de la culpabilité de l’avoir quitté trois semaines avant le drame.


Je ne savais pas que cela allait arriver… mais certaines pensées s’imposent malgré nous.


Si j’avais su, je serais restée jusqu’à la fin.


Je n’arrivais pas à accepter l’idée qu’il soit peut-être parti triste ou en colère, en partie à cause de moi.


Une psychologue m’a dit un jour que ce qui était arrivé relevait de son propre parcours, de ses choix, de ses agissements… et que je n’en étais pas responsable. Mais certaines croyances ont la peau dure.


Il m’a fallu de nombreuses années pour que la colère et le sentiment d’injustice s’apaisent.

Et je dois t’avouer qu’en écrivant cet article, j’ai encore un pincement au cœur 🥺


Ce que j’ai appris de cette expérience ?


Que la colère, même lorsqu’elle est compréhensible, amplifie la douleur de la perte et ralentit le processus de deuil.


Que la vie n’est ni juste, ni injuste. Elle est simplement la vie.


Et que se répéter sans cesse : “Pourquoi cela m’arrive à moi ?” nous enferme dans une posture qui nous empêche d’avancer.


Non pas parce que la douleur n’est pas légitime. Elle l’est.


Mais parce que nous ne choisissons pas toujours ce que nous traversons… en revanche, avec le temps, nous pouvons choisir la manière dont nous décidons de porter cette histoire.


L’acceptation de ce qui est, aussi difficile soit-elle, est profondément libératrice.


Elle n’efface pas la peine — certaines expériences laissent une empreinte à vie — mais elle allège le fardeau 🥰

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